Accéder au contenu principal

Articles

Les débuts de la photo... Partie VII

Notre périple parmi les représentations naturalistes du paysage (dessinées et peintes à la veille de l'avènement de la photographie,photographiées) a privilégié les chemins de traverse jusqu'à ignorer les artistes les plus joyeux, lumineux et séduisants que sont les impressionnistes! Pourtant un "personnage" nous a fidèlement accompagnés et enseignés à chacune de nos étapes : l'arbre, depuis les deux puissants arbres incurvés et affrontés qui accompagnent la lutte de Jacob avec l'Ange de Delacroix, les pins majestueux de la forêt au clair de lune de C.D.Friedrich, jusqu'à l'arbre solitaire secoué par les vents, échevelé, fixé par Salgado dans le désert du Soudan. L'arbre est un acteur vivant de la composition, il a souvent une forme humaine, comme le faisaient remarquer Démocrite et Théophraste, et il nous donne la sensation visuelle que la Nature s'incarne dans un modèle vivant et familier. Symbole de justice et de paix, l...

Les débuts de la photo... PartieVI

S.Salgado franco-brésilien né au Brésil en 1944 commence une carrière axée sur l'économie, la finance, le commerce international (café) avant de devenir en 1973 un photographe adepte du noir et blanc et de l'argentique. Il travaille comme photo-reporter pour les agences Sygma, Gamma puis Magnum. En 1994 il fonde l'agence Amazonas Image à Paris. Il parcourt tous les continents, il collabore avec Médecins sans Frontières et diverses ONG pour témoigner de la vie des hommes bouleversée par le progrès technique, la mondialisation, les catastrophes naturelles, les guerres... Il illustre la désertification, la misère, la famine, l'exode... La désintégration des structures familiales et des modes de vie traditionnels sont des tragédies récurrentes remarquablement documentées. Ses vues en plongée des foules humaines sont impressionnantes. Entre 2004 et 2013, Salgado illustre avec la série Genesis la splendeur de la nature. Après les Galapagos, il capte les...

Les débuts de la photo... Partie V

Nous terminerons cette brève évocation des photographes de paysage avec deux artistes contemporains adeptes l'un et l'autre du noir et blanc : Balthasar Burkhard et Sebastiào Salgado. B.Burkhard est né à Berne en 1944. En promeneur solitaire, il capte les Alpes suisses, leurs horizons multiples qui s'entremêlent, se cachent ou se dévoilent. Il représente les rochers, les sources, les cascades, expressions d'une nature protectrice et puissante. Il séjourne aussi sur la côte normande et au Japon dont il apprécie la spiritualité et les lieux de méditation. Burkhard assume ses références à la photo ancienne : il affectionne les contrastes ombre/lumière et le papier baryté lui permet de rendre la profondeur de champ. Les temps de pose longs figent l'eau des cascades et l'écume des vagues. L'instantanéité ne l'intéresse pas. Il cherche la vérité profonde et pérenne de la nature. Ses oeuvres denses et dénuées de pittoresque et de narrat...

Les débuts de la photo... Partie IV

Constant Famin (1827-1888) et Eugène Cuvelier (1837-1900) ont rejoint dans les années 1860 les peintres de l'Ecole de Barbizon. Cuvelier découvre la forêt de Fontainebleau grâce à C.Corot. En 1859 il épouse la fille de l'aubergiste Ganne (patron de l'établissement où se réunissent les artistes) et ne quittera plus la forêt. Famin et Cuvelier explorent et photographient les sites secrets, sauvages, les plus modestes de la forêt, hors des sentiers battus et développent une connaissance intime des sous-bois, des chemins creux et des broussailles loin de toute présence humaine. Le choix des négatifs papier adoucit les volumes et estompe les contrastes. L'étude et l'attention soigneuse portée à la lumière et aux variations saisonnières ainsi que l'usage judicieux des temps de pose comme la précision du collodion permettent un rendu remarquable des matières et des surfaces. Les masses rocheuses, les troncs rugueux, la mousse et les feuillages sont...

Les débuts de la photo... Partie III

Nous avons vu comment Le Gray a fait progresser la technique photo et est parvenu, grâce à la maîtrise des temps de pose, à saisir avec précision les formes lumineuses du ciel, la métamorphose des nuages, l'écume étincelante des vagues... Au mi-temps du 19ième siècle, d'autres pionniers de la photo se sont illustrés dans l'étude de paysage. La plupart étaient peintres de formation et leurs premiers travaux servaient souvent de base à des esquisses préparatoires pour leur peinture. Evoquons maintenant Henri Le Secq (1818-1882), élève du sculpteur Pradier et du peintre Delaroche avant de rejoindre son maître Le Gray. Il réalise d'abord des vues d'architecture, notamment de cathédrales, et se risque même à photographier l'intérieur des édifices. Les qualités artistiques de Le Secq : sens de la composition, de la lumière, justesse du regard sont vite remarquées et il est chargé par l'administration des monuments historiques de la reproduct...

Les débuts de la photo... Partie II

Pour améliorer et sublimer ses tirages, Le Gray travaille sur les négatifs. En 1850, il invente le négatif verre au collodion plus rapide et plus sensible qui lui permet d'augmenter la précision de l'image, la finesse du dessin et de traduire le rayonnement de la lumière et le mouvement des fluides. En 1851, il met au point le négatif papier ciré sec qui produit une atmosphère vaporeuse et abandonne certains détails jugés secondaires au profit d'une impression d'ensemble : c'est "la théorie des sacrifices" qu'applique l'artiste lorsqu'il recherche une simplicité harmonieuse, source d'émotion esthétique. Quant au papier salé et ciré, il fournira des tons brun-orangés. Les marines de Le Gray bénéficient pleinement de ces avancées techniques. Grâce au collodion humide, le photographe obtient à partir d'un négatif unique, une image satisfaisante, simultanée des ciels, des nuages et de la mer, des mouvements des flots....

Les débuts de la photo... Partie I

En 1839, Arago explique devant l'Académie des Sciences et celle des Beaux-Arts un nouveau procédé de fabrication des images : la photographie. Issue des travaux de Daguerre et de Niepce, elle succède au daguerréotype  né en 1838. Parallèlement, le britannique W.H.Fox Talbot invente le négatif sur papier. Charles Cros mettra au point en 1869 les premières épreuves en trichromie. Les pionniers de la photo commencent par imiter la peinture, et ils se consacrent au paysage avant de développer le portrait. Avec Nadar, dans les années 1850, la photo devient véritablement un art reconnu. Gustave Le Gray (1820-1884), élève de Paul Delaroche (célèbre peintre d'histoire mi-classique, mi-romantique), est le premier photographe à suivre en forêt de Fontainebleau les artistes qu'on réunira sous la dénomination "Ecole de Barbizon". Le Gray fuit l'épidémie de choléra qui sévit à Paris. Il fera de la forêt un véritable atelier photographique grandeur natu...